Violences ouvrières

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« Ah ! Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action
violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclat de voix, comme des diplomates causant
autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continueront la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte
patronale. Cela ne fait pas de bruit ; c’est le travail meurtrier de la
machine qui, dans son engrenage, dans ses laminoirs, dans ses courroies,
a pris l’homme palpitant et criant ; la machine ne grince même pas et
c’est en silence qu’elle le broie. » Jean Jaurès à la Chambre des députés en 1906.
Il répond à un discours de Georges Clémenceau.
Merci à Eric.

Les riches et les pauvres

Il y a, paraît-il, deux façons de parvenir à la justice sociale:
la politique distributive et la politique redistributive !!!
La première consisterait à distribuer l’argent que l’on n’a pas, la deuxième à répartir du mieux possible le produit des richesses créées par le travail humain.
Traditionnellement, la droite se targue de choisir ce dernier principe en accusant la gauche d’irresponsabilité en soutenant le premier choix.
Or ce que la droite ne dit jamais mais met en acte toujours, c’est non pas la justice redistributive mais la perversion de ce système en laissant croire que plus on laissera les riches s’enrichir, plus il en restera pour les pauvres.
Or, c’est exactement l’inverse qui se produit.
Si l’on admet que les riches s’engraissent sur le travail des autres – et le développement du capitalisme financier spéculatif en est la meilleure preuve – plus ils accroissent leurs richesses et plus les pauvres s’appauvrissent !
Car c’est bien le résultat de ces trois décennies de dérèglementations et de privatisations tous azimuth que le sarkozysme a prolongé et amplifié en France et que la gauche se sent obligée de poursuivre à bas bruit, c’est de grignoter l’Etat-providence en privant les Services publics de moyens pour démontrer qu’ils ne sont pas à la hauteur de leurs missions.
Facile ensuite de prouver que seul le secteur privé est efficient !

Le désir

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« Nous pensons souvent à ce qui nous manque mais rarement à ce que nous avons »

Oui d’accord! Mais nous fonctionnons ainsi les humains. C’est LE DESIR qui nous mène.
C’est lui qui nous rend attentif ou agressif, tendre ou violent, heureux ou malheureux!

Et quand il est satisfait, un autre prend la relève!
C’est pas beau tout ça ?

Une grande dame

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Chantal Akerman s’est donné la mort. Cette grande cinéaste qui disait du film documentaire : « c’est découvrir peu à peu où cela va nous mener »!
Celle qui a toujours été, en marge, en rupture, à côté, avait compris que filmer le réel c’est accepter la découverte, la surprise, que la face cachée des choses ne se dévoile qu’aux esprits ouverts, humbles, doux!
Celle dont la maman disait: ma fille, faire du cinéma commercial, elle s’en moque!
« Je, tu, il, elle » (1974) cette « grande » dame était d’une bouleversante délicatesse.
Fallait pas partir, Chantal!

« Sabotages »

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Les ouvriers des filatures, pour protester contre les renvois de leurs collègues, suite à l’introduction des machines, y jetaient leurs sabots.
Erri De Luca, le grand écrivain italien, a employé le mot « sabotage » pour lutter contre la construction de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin. Pour l’emploi de ce mot, il risque 10 mois de prison!!! Jugement ces jours-ci.
Au fait, les industriels qui polluent gravement et pour longtemps les vallées des Alpes, combien risquent-ils, eux ???
Erri De Luca, vous êtes l’avenir de l’homme, merci!