Liberté chérie

Depuis des décennies, on cherche à nous persuader que le capitalisme libéral est le seul système possible :

– le modèle américain posé comme une évidence, comme une « fin de l’histoire »,

– la « concurrence libre et non faussée » affirmée comme un principe fondateur de l’Union Européenne,

– le dumping social et fiscal,

– la mondialisation de la production et du commerce,

– le droit pour les multinationales d’intervenir dans les politiques publiques,

– la recherche du profit comme unique ressort de l’action,

– l’ ubérisation du travail où chacun serait son propre patron,

– le télétravail, qui annule la frontière entre vie familiale et vie professionnelle,

– les «réseaux sociaux» où chacun est producteur d’informations, vraies ou fausses,

– l’évolution de mots comme «partage» qui passe du registre de la solidarité à celui de la communication,

– l’inutilité de se déplacer pour participer aux élections,

– le succès des techniques de «développement personnel»,

Qu’en pensez-vous ?

Perso, je pense que loin de nous libérer, le capitalisme libéral nous asservit, à bas bruit, insidieusement, en nous faisant croire qu’il nous rend toujours plus autonomes !!!

« Maudits français »

« Maudits Français », comme disent les Québécois!
C’est vrais que nous sommes des gens bizarres, râleurs et hableurs.
Depuis que nous avons décapité notre roi, au nom de la liberté,
nous ne savons pas toujours faire la part entre ceux qui nous
trompent et ceux qui nous instruisent dans la voie du progrès et de la générosité,
ceux qui défendent les valeurs du collectif et ceux qui défendent la concurrence acharnée !
Entre Napoléon et Louis XVIII, entre Jaurès et Clémenceau, entre De Gaulle et Pétain, entre Hollande et Macron !
Nous sommes perdus, faute de faire jouer notre esprit critique, faute d’approfondir nos idées.
Mais il y a deux choses actuellement qui m’inquiètent vraiment et me font douter du bon sens des Français:

  • le soutien appuyé à Sarkozy (cf Xavier Bertrand, l’autre soir sur France 2)
  • la croyance dans les boniments sordides d’un Zemmour !
    Là, je m’inquiète vraiment !
    Pas vous ?

Le progrès !

J’en remets une couche sur « Les caractères » de La Bruyère, mon actuel livre de chevet :

« Ce garçon si frais, si fleuri, et d’une si belle santé est seigneur d’une abbaye et de dix autres bénéfices : tous ensemble lui rapportent six vingt mille livres de revenu … Il y a d’ailleurs six vingt familles indigentes qui ne se chauffent point pendant l’hiver, qui n’ont point d’habit pour se couvrir, et qui souvent manquent de pain; leur pauvreté est extrème et honteuse. Quel partage ! »

La Bruyère écrivait ça au XVIIème siècle ! Et vous croyez qu’avec le Progrès les choses ont vraiment changé ???

Aujourd’hui les inégalités ont pris d’autres formes mais elles sont toujours là. Il paraît même qu’elles s’aggravent au fil des années !

D’ailleurs je vous encourage encore une fois à lire le bouquin de François Ruffin : « Leur progrès et le nôtre » !

Belle journée, les amis !

« Les caractères »

Il y a comme ça des bouquins qui sont restés cloués aux pupitres noirs de nos années lycée.
« Les caractères » de Jean de la Bruyère en font partie et lorsqu’on les redécouvre, bien longtemps après, on est éblouis par tant de lucidité, tant de finesse dans l’observation et surtout par l’intemporalité de ces propos.
Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager quelques-unes de ces flêches redoutables dont il a le secret :
« Les grands dédaignent les gens d’esprit qui n’ont que de l’esprit; les gens d’esprit méprisent les grands qui n’ont que de la grandeur. Les gens de bien plaignent les uns et les autres, qui ont ou de la grandeur ou de l’esprit, sans nulle vertu. »
ou encore :
« Il ne faut ni art ni science pour exercer la tyrannie, et la politique qui ne consiste qu’à répandre le sang est fort bornée et de nul raffinnemenr; elle inspire de tuer ceux dont la vie est un obstacle à notre ambition »

Et j’ajouterais : surtout lorsque les tyrans exercent leur cruauté pour des motifs religieux !!!

(illustration inspirée par « la passion cathare » de Michel Peyramaure)

L’abolition

Voilà 40 ans, Mitterrand et Badinter, bravant l’opinion dominante, obtenaient l’abolition de la peine de mort en France.
Une décision qui n’allait pas de soi tant est forte l’idée du « oeil pour oeil, dent pour dent ».
Aujourd’hui, les « champions » dans ce domaine sont : la Chine, loin devant tout le monde, mais aussi l’Iran, l’Arabie séoudite, l’Irak … Aux Etats-Unis, des condamnés passent des dizaines d’années dans le « couloir de la mort » !!!
Si actuellemnt, le fameux « RIC », tant réclamé par certains, posait la question aux français :
« dans certains cas, faut-il avoir recours à la peine de mort ? »
je ne suis pas du tout sûr que la majorité répondrait « non » !
Alors soyons vigilants !
Et en particulier envers ceux qui confondent démocratie et démagogie!