Esprit critique

Peut-être avez-vous suivi hier soir le discours du Président de la République française ?
Comme à l’accoutumée il nous a servi des discours « raisonnables », faits pour répondre à des besoins présumés de la majorité des femmes et des hommes qui peuplent notre pays, c’est-à-dire pour faire en sorte que cette majorité vote pour lui prochainement.
Les thèmes abordés : protection et sécurité, fierté nationale, travail productif.
Des propos « droitiers » évidemment, puisqu’on pense au niveau des technocrates qui nous gouvernent que parler d’égalité plutôt que de mérite , de collaboration plutôt que de compétition, d’altruisme plutôt que de rejet, d’accueil plutôt que d’exclusion, non, vraiment, ça plaît pas !
Voilà une exigence absolue de la démocratie : accompagner absolument la vie politique d’une éducation permanente des citoyens électeurs en développant leur esprit critique. Sinon, les braves gens sont prêts à avaler n’importe quelle couleuvre et à croire au plus insensé des prétendus complots. (cf l’Amérique de Trump ou les anglais avec Jonhson)
Sinon, les braves gens ne veulent entendre que des propos rassurants.. Les Présidents le savent mieux que quiconque !

En fait, ces discours – nécessaires sans doute – ne servent qu’à nous endormir !

Nous faire oubler qu’ AILLEURS, loin de nous, tout près de nous, y a des enfants qui en bavent !

L’ami Georges

L’ami Georges aurait eu 100 ans ces jours-ci !
Il y a bien longtemps qu’il nous a quittés et pourtant, il est toujours là.
La « non-demande en mariage », la »supplique pour être enterré sur la plage de Sète », l’orage », etc ..
me donnent toujours autant de plaisir !
Il a tout sacrifié à la poésie, si admirable, à la musique, si recherchée !
Lui si pudique, si digne, mais si malin pour débusquer la connerie humaine et toute forme de servitude, il nous manque tellement !
A l’heure où les « cons » s’affichent sur tous les murs médiatiques, il serait écoeuré !

Liberté chérie

Depuis des décennies, on cherche à nous persuader que le capitalisme libéral est le seul système possible :

– le modèle américain posé comme une évidence, comme une « fin de l’histoire »,

– la « concurrence libre et non faussée » affirmée comme un principe fondateur de l’Union Européenne,

– le dumping social et fiscal,

– la mondialisation de la production et du commerce,

– le droit pour les multinationales d’intervenir dans les politiques publiques,

– la recherche du profit comme unique ressort de l’action,

– l’ ubérisation du travail où chacun serait son propre patron,

– le télétravail, qui annule la frontière entre vie familiale et vie professionnelle,

– les «réseaux sociaux» où chacun est producteur d’informations, vraies ou fausses,

– l’évolution de mots comme «partage» qui passe du registre de la solidarité à celui de la communication,

– l’inutilité de se déplacer pour participer aux élections,

– le succès des techniques de «développement personnel»,

Qu’en pensez-vous ?

Perso, je pense que loin de nous libérer, le capitalisme libéral nous asservit, à bas bruit, insidieusement, en nous faisant croire qu’il nous rend toujours plus autonomes !!!

« Maudits français »

« Maudits Français », comme disent les Québécois!
C’est vrais que nous sommes des gens bizarres, râleurs et hableurs.
Depuis que nous avons décapité notre roi, au nom de la liberté,
nous ne savons pas toujours faire la part entre ceux qui nous
trompent et ceux qui nous instruisent dans la voie du progrès et de la générosité,
ceux qui défendent les valeurs du collectif et ceux qui défendent la concurrence acharnée !
Entre Napoléon et Louis XVIII, entre Jaurès et Clémenceau, entre De Gaulle et Pétain, entre Hollande et Macron !
Nous sommes perdus, faute de faire jouer notre esprit critique, faute d’approfondir nos idées.
Mais il y a deux choses actuellement qui m’inquiètent vraiment et me font douter du bon sens des Français:

  • le soutien appuyé à Sarkozy (cf Xavier Bertrand, l’autre soir sur France 2)
  • la croyance dans les boniments sordides d’un Zemmour !
    Là, je m’inquiète vraiment !
    Pas vous ?

Le progrès !

J’en remets une couche sur « Les caractères » de La Bruyère, mon actuel livre de chevet :

« Ce garçon si frais, si fleuri, et d’une si belle santé est seigneur d’une abbaye et de dix autres bénéfices : tous ensemble lui rapportent six vingt mille livres de revenu … Il y a d’ailleurs six vingt familles indigentes qui ne se chauffent point pendant l’hiver, qui n’ont point d’habit pour se couvrir, et qui souvent manquent de pain; leur pauvreté est extrème et honteuse. Quel partage ! »

La Bruyère écrivait ça au XVIIème siècle ! Et vous croyez qu’avec le Progrès les choses ont vraiment changé ???

Aujourd’hui les inégalités ont pris d’autres formes mais elles sont toujours là. Il paraît même qu’elles s’aggravent au fil des années !

D’ailleurs je vous encourage encore une fois à lire le bouquin de François Ruffin : « Leur progrès et le nôtre » !

Belle journée, les amis !