Le génie désespéré

Vincent VAN GOGH

Un génie désespéré

Après la révolution impressionniste, trois peintres ont un rôle déterminant dans les grandes tendances qui vont se développer au tournant du siècle et au début du XXème.

– Paul Cézanne, dont les mises en valeur des constructions vont préfigurer le CUBISME.

– Paul Gauguin, avec la généralisation des thèmes exotiques et des pays lointains mais également l’emploi des aplats de couleur.

– Vincent Van Gogh, de son geste impulsif, de son expressivité colorée surgiront l’expressionnisme allemand, et même le fauvisme.

Son audace folle de projeter sur la toile, en les symbolisant, ses angoisses et ses attentes désespérées inspireront de nombreux peintres au XXème siècle.

Vincent est mort à 37 ans, miné par une vie de misère où il n’a pas toujours mangé à sa fin, une courte de vie de peinture acharnée, dévoré de l’intérieur par un immense besoin d’amour que son caractère ombrageux a bien souvent rendu impossible!

Ne prenez pas Vincent comme un artiste fou, maudit, il était parfaitement conscient de son histoire, de sa destinée et bien sûr désespéré de constater que sa peinture à laquelle il a voué plus de 10 ans de sa vie, n’a pas pu lui assurer sa subsistance.

Van Gogh est en état de survie permanente. Est-ce pour cette raison qu’il était tant en empathie avec les pauvres gens, les miséreux, les travailleurs manuels, est-ce pour cela qu’au bout de sa route il a fait éclater sur ses toiles autant de couleur et de lumière ?

« Eh bien, mon travail à moi, j’y risque ma vie et ma raison y a fondu à moitié »

« J’ai une fureur sourde de travail plus que jamais. Et je crois que ça contribuera à me guérir. Peut-être m’arrivera-t-il une chose comme celle dont parle Eugène Delacroix « j’ai trouvé la peinture lorsque je n’avais plus ni dents ni souffle » dans ce sens que ma triste maladie me fait travailler avec une fureur sourde – très lentement – mais du matin au soir, sans lâcher, et, c’est probablement là le secret, travailler longtemps et lentement »

L’art, ultime recours contre le désespoir !

(en illustration : « Les mangeurs de pommes de terre » tableau réalisé par Vincent en 1885)

La nef des fous !


Sur la mer hostile, noire, déchaînée,
Un vaisseau magnifique, brillamment illuminé,
Sur le pont supérieur, un roi de droit divin
Trône, entouré de courtisans qui  ramassent les dollars,
Sur le deuxième pont, l’empire du milieu rit jaune et attend !
Au-dessous, des dictateurs sanguinaires tuent, maassacrent, détruisent.
Encore en dessous, une oasis de paix qui a connu deux horribles guerres mondiales se souvient.
Et pourtant, en son sein, certains ont oublié et complotent, manigancent, intriguent !
Enfin, dans la cale, une masse de pauvres gens meurent de faim, de soif, étouffent, S’entretuent aussi !
Les gens des ponts supérieurs viennent leur piquer leurs ressources et
les chassent sauvagement lorsqu’ils cherchent à monter jusqu’à eux.
Enfin, et c’est très curieux, les gens des ponts supérieurs ont dépêché des spécialistes pour casser les moteurs, ils s’attaquent maintenant à la coque !
Le navire s’appelle GAIA.

Adieu Sebastiao

Je voudrais ce matin célébrer la mémoire de Sebastiao Salgado qui nous a quittés cette semaine. Cet immense photographe a passé sa vie à témoigner par ses photos de la beauté de la nature et des hommes qui y vivent.

Quand il débarquait dans une tribu amazonienne c’était avec infiniment de respect et d’attention. Il restait des mois avec les gens, créait de vraies relations.

C’est à ce prix qu’il pouvait ensuite diffuser et vendre leurs photos.

(pour ce pastel, je me suis inspiré de l’une de ses  oeuvres)

Dur, dur, l’accueil !

« Ces populations étrangères à notre département, chez lesquelles la malpropreté la plus repoussante est une seconde nature et dont la dégradation morale est descendue à un niveau effrayant viennent périodiquement encombrer nos quartiers les plus pauvres et les plus insalubres. Ces gens entrent pour les trois quarts dans la population qui alimente les barres des tribunaux de police. Ces hordes nomades sont une charge pesante pour nos hôpitaux. Elles font une concurrence désastreuse à notre population ouvrière dans la recherche du travail »
Ecrit par un adepte de Zemmour ou de Le Pen en 2025 ??? Non point !
Ce texte est extrait du « Rapport sur les immigrations bretonnes dans la ville de Nantes », 1852, par Auguste Chérot, conseiller municipal !
Ou, comme le disait à peu près Montaigne : nous traitons de barbares ceux qui ne sont point de nos usages !!!

Dur, dur, l’accueil !!!

Apprendre de l’Histoire !!!

Lu le beau livre de Gaël Faye « Jacaranda » sorti il a peu.
Je n’avais pas voulu lire « Petit pays » car, ayant vu plusieurs documentaires sur le génocide rwandais et vu pas mal de reportages, je n’avais pas le courage de me confronter de nouveau à cette horreur !
Mais là, le livre commence bien après 94/95 et s’étale jusqu’à aujourd’hui !
Les évocations des massacres arrivent plus tard dans le livre, à travers les histoires de vie de certains personnages et servent à apaiser les rancoeurs et à substituer au silence une parole que la génération suivante réclame !
On comprend, s’il était besoin, que les pires événements sont toujours le produit d’une longue histoire, que les guerres et les tueries découlent toujours d’une idéologie d’oppression, de falsification, de haine.
C’est la colonisation qui a engendré ces phénomènes génocidaires, ce sont les Blancs qui, pour asseoir leur pouvoir, ont inventé ces catégories ethniques et les ont montées les unes contre les autres !
Alors quand je vois tous ces partis d’extrême-droite qui, partout dans le monde recueillent les suffrages des braves gens en agitant le chiffon rouge de la peur du migrant, je me dis qu’on n’a rien appris de l’histoire… ou qu’on fait semblant !
(Merci à Christian)