L’Europe et les responsables

On se plaint que l’Europe est trop technocratique, c’est-à-dire dirigée par des instances que nous n’avons pas élues. C’est l’Europe de « Bruxelles » tant décriée par les populistes souverainistes de tous bords!
Mais on oublie que cette dérive prend son origine dans les balbutiements du projet européen. Le 30 août 1954, les communistes et les gaullistes réunis rejettent l’accord qui devait instituer une Communauté européenne de défense qui contenait en germe un projet de fédération européenne démocratique.
En 1957, le traité de Rome venait consacrer une autre orientation, celle de l’économie, au détriment de la politique. Les marchés jubilaient. On allait pouvoir faire des affaires sans le contrôle tatillon des gouvernants et surtout en faisant fi de toute tentative d’entente politique commune.
Et aujourd’hui, on vient pleurer !!! On vient se plaindre que l’Europe n’est pas assez « sociale » !
Pas une raison pour ne pas aller voter le 26 mai! Au contraire!

La gratuité

L’une des causes de cette vaste incompréhension généralisée que la « crise des gilets jaunes » a fait apparaître c’est l’absence de lien que nous faisons entre la production et la consommation.
L’internet et sa prétendue gratuité, l’abondance de biens disponibles et peu chers parce que fabriqués par des semis-esclaves ou des enfants dans les pays pauvres, l’école gratuite, les soins remboursés, les services publics accessibles … tout cela nous encourage à penser que nous sommes de légitimes « ayants droit » et qu’il suffit de se pencher pour se servir.

La contradiction évidente vue et revue cette hiver entre « moins de taxes et plus de services » est une illustration de cette grande illusion.

A notre décharge, la déconnection entre le travail effectué et le revenu perçu brouille singulièrement les choses. Un stagiaire qui fait le boulot d’un pro et qui gagne … à être connu et le PDG qui part avec 30 millions d’indemnités, après avoir licencié 2 ou 3000 employés! C’est pas pour nous aider à rétablir ce lien entre gains et dépenses !
Le petit paysan qui ne peut pas se donner de salaire alors qu’il travaille 14h par jour !!!
Oui, mais le consommateur veut payer ses yaourts le moins cher possible.
Et le système de l’agroalimentaire et de la grande distrib qui mène le jeu!
Les inégalités sont le cancer de la république (n’est-ce pas M. Wauquier ?)
On est d’accord!

Le Louvre contre Eurodisney

Le problème avec la culture c’est qu’on ne sait jamais de quoi on parle!

Par exemple en Occident, il y a la « grande musique » et la musique « pop ».
la « grande cuisine » et le fast-food,
l’art contemporain et le graffiti,
le cinéma d’art et d’essai et les blockbusters américains,
le documentaire de création et le reportage « à sensation »,
Le Louvre contre Eurodisney,
Le roman de gare et la grande littérature,
mais aussi, le labourage contre la permaculture,
les périurbains contre les centres-villes,
la manif déclarée, organisée, encadrée et la manif interdite qui se termine par des dégradations et des violences etc…
A travers ces oppositions, l’important est de comprendre les correspondances entre les conditions dans lesquelles les pratiques culturelles se développent et les discours qui apparaissent dans les oeuvres et les discours.
Ca c’est compliqué et c’est pas sûr que le Grand Débat nous le permette ! On va voir.

Adios Agnès

Adios Agnès,
Oui au revoir à la grande documentariste que tu étais car tu faisais des docs même lorsque tu tournais des fictions.
« Cléo de 5 à 7 », l’un des premiers films que j’ai vus. – revu hier soir avec pas mal d’émotion!
« Sans toit ni loi », revu la semaine dernière sur cette jeune fille qui « pue, qui dit jamais merci et qui dit merde à tout le monde » !!!
La chance des cinéastes c’est qu’ils nous quittent jamais !
à bientôt