Dans ce flot d’images ininterrompu qui nous accrochent, nous agressent, nous séduisent ou nous violentent, quelle chance a le peintre de retenir l’attention du spectateur, au-delà d’un quart de seconde ?
Les foules se pressent aux Grandes Expositions (« Hokusaï » récemment à Nantes) ; la contemplation de ces « Grandes Oeuvres » aide-t-elle à mieux appréhender, à mieux définir ce qu’est la BEAUTE pour chacun d’entre nous ? Je l’espère vraiment.
Mais ça ne me semble pas suffisant. La médiation, dans le domaine de l’art pictural, suppose de s’appuyer non pas sur la pensée dominante, celle des « grands critiques d’art » qui dans l’histoire se sont souvent trompés, mais sur l’effort demandé à chacun d’aller chercher en soi les correspondances implicites, les attentes inassouvies, les désirs secrets.
C’est ainsi que la contemplation d’un tableau peut nous aider à creuser en nous-mêmes pour y chercher ces sentiments cachés, refoulés, oubliés, ceci à la condition de faire « corps » avec le peintre !

