Le progrès !

J’en remets une couche sur « Les caractères » de La Bruyère, mon actuel livre de chevet :

« Ce garçon si frais, si fleuri, et d’une si belle santé est seigneur d’une abbaye et de dix autres bénéfices : tous ensemble lui rapportent six vingt mille livres de revenu … Il y a d’ailleurs six vingt familles indigentes qui ne se chauffent point pendant l’hiver, qui n’ont point d’habit pour se couvrir, et qui souvent manquent de pain; leur pauvreté est extrème et honteuse. Quel partage ! »

La Bruyère écrivait ça au XVIIème siècle ! Et vous croyez qu’avec le Progrès les choses ont vraiment changé ???

Aujourd’hui les inégalités ont pris d’autres formes mais elles sont toujours là. Il paraît même qu’elles s’aggravent au fil des années !

D’ailleurs je vous encourage encore une fois à lire le bouquin de François Ruffin : « Leur progrès et le nôtre » !

Belle journée, les amis !

« Les caractères »

Il y a comme ça des bouquins qui sont restés cloués aux pupitres noirs de nos années lycée.
« Les caractères » de Jean de la Bruyère en font partie et lorsqu’on les redécouvre, bien longtemps après, on est éblouis par tant de lucidité, tant de finesse dans l’observation et surtout par l’intemporalité de ces propos.
Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager quelques-unes de ces flêches redoutables dont il a le secret :
« Les grands dédaignent les gens d’esprit qui n’ont que de l’esprit; les gens d’esprit méprisent les grands qui n’ont que de la grandeur. Les gens de bien plaignent les uns et les autres, qui ont ou de la grandeur ou de l’esprit, sans nulle vertu. »
ou encore :
« Il ne faut ni art ni science pour exercer la tyrannie, et la politique qui ne consiste qu’à répandre le sang est fort bornée et de nul raffinnemenr; elle inspire de tuer ceux dont la vie est un obstacle à notre ambition »

Et j’ajouterais : surtout lorsque les tyrans exercent leur cruauté pour des motifs religieux !!!

(illustration inspirée par « la passion cathare » de Michel Peyramaure)