Le « Sphinx de Delft »

Pour vous dire la relativité et la futilité de notre monde, une petite anecdote:
En 1866, au Salon de Paris, « la jeune fille à la perle » de Vermeer s’est vendu 2 florins !
Ca nous inciterait pas à être un peu tolérant aussi bien vis à vis du « goût et des couleurs »
que par rapport aux croyances et convictions si âprement et violemment défendues !

Pour moi, Vermeer, c’est le plus grand !!!

La lumière ne vient pas de l’extérieur, elle vient du tableau lui-même !

C’est de la magie pure !!!

Des adultes inconscients !!!

Avez-vous vu ou revu « l’argent de poche »de François Truffaut, hier soir à la télé ?
Suite de saynètes où l’on voit des enfants à l’école, en famille, dans la rue, au cinéma…
« Un film d’enfants peut s’élaborer à partir de petits faits car en vérité rien n’est petit de ce qui concerne l’enfance. »

Risqué de faire « jouer » des enfants car leur « sens de la vérité est sans défaillance » ? Oui sans doute !
Mais on doit « adapter le personnage au jeune acteur plutôt que de le contraindre à devenir artificiellement le personnage »…
« Un sourire d’enfant sur un écran et la partie est gagnée. Mais justement, ce qui saute aux yeux quand on regarde la vie, c’est la gravité de l’enfant par rapport à la futilité de l’adulte. C’est pourquoi il me semble que l’on atteindra un plus haut degré de vérité en filmant non seulement les jeux des enfants, mais aussi leurs drames qui sont immenses et sans rapport avec les conflits entre adultes. »
(« Le plaisir des yeux » 1987, p.29 et 30)

Des adultes indignes parfois, inconséquents, inconscients souvent !
Et puis dans le film il y a, à la fin, cette admirable déclaration d’un Jean-François Thévenin si jeune et tellement attachant, qui vient de nous quitter :
Les enfants, il faut les respecter ! Les décideurs ne les entendent pas car ils ne sont pas électeurs… mais aussi, on observe qu’une enfance difficile peut donner des adultes plus forts pour affronter la vie alors que des enfants trop protégés se retrouvent ensuite démunis.
Bien belle soirée ! Vraiment ! Merci encore une fois à François Truffaut ! Mon numéro 1 !!!

Le « rayon spécial »

« Grâce à l’art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, et autant qu’il y a d’artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent dans l’infini et, bien des siècles après qu’est éteint le foyer dont il émanait, qu’il s’appelât Rembrandt ou Vermeer, nous envoient encore leur rayon spécial ».
Marcel Proust, Le temps retrouvé, 1927.

La beauté sauvera le monde

Vous avez vu ou revu à la télé hier soir « Dilili à Paris » (2018) de Michel Ocelot ?
L’auteur de Kirikou nous livre encore une fois un adorable joyau magnifiquement dessiné.
Beauté des images, noblesse des sentiments, habileté et pertinence du scénario, il me semble que ce genre de film nous est de plus en plus nécessaire. Et surtout ne laissons pas penser que ce serait réservé aux jeunes publics.
Vraiment, avec Paul Grimaud « le roi et l’oiseau » et JF Laguionie « Louise en hiver », l’ école Française du dessin animé n’a rien à envier à personne. Même si « Fantasia » de Walt Disney, les bijoux de Miyasaki et surtout les films de Tex Avery sont des chefs d’oeuvre intemporels.

Je dois retomber en enfance mais dans ce monde de brutes et de cinglés, il faut réaffirmer le primat de la beauté !

non ?