Pour grandir!

Prière secrète d’un enfant à sa mère et à son père

Maman, Papa,
je vous en supplie
ne me laissez pas croire que mes désirs sont tout puissants.

Maman, Papa,
je vous en prie
prenez le risque de me frustrer
et de me faire de la peine
en refusant certaines de mes demandes.

Maman, Papa,
c’est important pour moi
que vous sachiez me dire non,
que vous ne me laissiez pas croire
que vous pouvez être tout pour moi,
que je peux être tout pour vous.

Maman, Papa,
surtout
entendez mes désirs
mais n’y répondez pas tout de suite.
En les satisfaisant trop vite… vous risquez de les assassiner.
Confirmez-moi que j’en ai, qu’ils sont recevables
ou irrecevables
mais ne les prenez pas en charge à ma place.

Maman, Papa,
s’il vous plaît,
ne revenez pas trop souvent sur un refus,
ne vous déjugez pas.
Pour que je puisse ainsi découvrir
mes limites et avoir des repères clairs.

Maman, Papa, même si je réagis, si je pleure,
si je te dis à toi, maman, « tu es méchante et sans coeur »…
reste ferme et stable,
cela me rassure et me construit.
Si je t’accuse toi, papa, « de ne rien comprendre »
ne m’enferme pas dans mes réactions.

Maman, Papa,
par pitié,
même si je tente de vous séduire, résistez,
même si je vous inquiète, ne vous soumettez pas,
même si je vous agresse parfois, ne me rejetez pas.
C’est comme cela que je pourrai grandir.

Maman Papa,
vous dire aussi à chacun que ne suis que votre fils, votre fille.

(J. Salomé – « Heureux qui communique »-Albin Michel)

Un commentaire

  1. Un texte qui s’adapte à ces nouvelles générations qui pensent bien souvent que laxisme et permissivité sont les clés de l’éducation de leurs enfants.

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  2. Oui c’est vrai, Edith, on est passés d’une époque où l’effort était considéré comme la valeur suprême à une période où il faut anticiper les désirs des enfants! Je ne suis pas nostalgique de ces temps de contraintes et de brimades! Loin de là! Mais l’enfant se construit dans la frustration comprise et assumée et pas dans le laisser-faire!
    Merci pour ton com.

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  3. Difficile…. car je fais partie de la génération sans guerre. J’ai eu tant d’amour malgré mon frère préféré. J’ai eu le choix. j’ai eu. Mes enfants ont eu aussi mon amour et mon choix d’abord pour qu’ils puissent construire le leur à Leur Moment si possible. C’n’est pas si simple…. mais c’est bien d’y mettre des mots.
    Les mots sont comme des pinces à linge qui nous retiennent à un fil pour écouter le vent qui tourne. ;o))

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