« La prière »

-Vous avez vu cette semaine à la télé le film de Cedric Kahn : « La prière » ?
Celui-ci m’a laissé dans la plus grande perplexité !
Je vois déjà mes anciens collègues fustiger ce prêchi-prêcha,
ce genre « petit miracle pour sauver le monde » et en particulier les toxicos !
Et surtout réfuter l’idée que pour aider un jeune dans la difficulté il faut avoir vécu les mêmes choses que lui !
Là-dessus je suis absolument d’accord; on peut accompagner utilement un ancien détenu même si on n’a jamais été délinquant !
On peut éduquer un enfant maltraité même si on a été parfaitement heureux dans sa petite enfance.
On peut venir en aide à un toxico même si on ne s’est jamais drogué !!!
Ca oui !
Maintenant pour le reste, c’est-à-dire le recours à la foi chrétienne, à la prière, à l’enseignement évangélique !
Là je ne sais pas ! Peut-être, sans doute ???
Pour moi, ce qui est déterminant dans la vie d’une personne qui a vécu des trucs durs, terribles, c’est la rencontre avec une femme, un homme, un groupe bienveillant, non-jugeant mais ferme dans ses convictions et ses valeurs.
Alors, est-il nécessaire de faire appel à une idéologie forte, développée et vécue dans une petite communauté retirée du monde avec des règles et des exigences implacables ?
Un système de croyances qui donne un sens à tout ?
Faut-il absolument que l’aide sociale soit empreinte d’irrationnel, de métaphysique, de mystique pour que l’aidé se sente véritablement soutenu, accompagné, pour qu’il ait une « deuxième chance » ?

Alors là, il vaut mieux une religion d’amour, d’abnégation, de compassion, parce que, sinon, on connaît le résultat !!!

Qu’en pensez-vous ?

Un commentaire

  1. J’ai vu le film, c’est un chef d’oeuvre, le jeune Anthony Bajon est phénoménal, mais il m’a carrément fait flipper. C’est un peu comme ton tableau, la petite lumière au bout du tunnel donne un peu d’espoir, mais le boyau noir, ce qu’il fout les jetons ! A la fin du film, on a beau dire qu’en s’accrochant et avec l’aide des autres, l’espoir est permis, mais quand même la vie est un enfer pour un paquet de gens. Et croire que les derniers seront les premiers, je ne suis pas sûr que ça console tout le monde !

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  2. Pour moi, c’est avant tout la rencontre qui compte et l’engagement dans cette rencontre. Surtout pas d’idéologie. Quant aux institutions, je suis très perplexe. Dans le film, ce lieu d’accueil aux allures de secte, très peu pour moi. Et puis, à la fin, on a quand même eu peur, il a failli partir prêtre ! Heureusement qu’il a connu la fille avant, d’ailleurs est-ce que ce n’est pas elle qui l’a sauvé. Le film : super, l’acteur : tout autant.

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  3. j’ai eu des problèmes de connection avec ce blog, j’espère que vous n’avez pas eu de problème pour me retrouver ! Merci à Vincent de m’avoir dépanné. C’est un chef !!!

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  4. Quand on veut on peut…. pas toujours mais on peut toujours essayer.
    Aider c’est aller ver les autres et il ne faut jamais se priver de ce privilège que nous avons… si nous le voulons.
    Aider sans imposer, sans empiéter sur la vie d’autrui… pas simple mais pas impossible.
    Surtout ne pas attendre de résultats…. tout au plus espérer…
    Mais qui sommes nous finalement pour imaginer que c’est possible d’AIDER.
    AIMER… OUI

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  5. Oui, quelle prétention de prétendre « aider » ! Très bonne question que ne se posent pas assez les « sûrs d’eux », les « dames patronnesses » et autres « humanitaires » de tout poil !
    A + Françoise

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  6. Je n’ai pas vu ce film mais j’ai l’impression qu’il s’est agit de prosélytisme à l’égard de personnes ayant perdu leurs repères. Cette institution religieuse est-elle si mal en point qu’elle en vient à recruter de la sorte ? Je suis heureux pour cette personne qui a rencontré une fille avant de se l’interdire voire de vivre une nouvelle épreuve de tiraillement. Exploiter les vulnérabilités serait-il le propre de tous les hommes même de (bonne) foi ? J’enrage

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  7. Très intéressant votre article Jean-Paul ! Mes réflexions ne seront certainement pas à la hauteur, surtout n’ayant pas vu le film…
    Il me semble que l’essentiel pour aider quelqu’un est de lui permettre de trouver un sens à chaque chose qu’il doit accomplir. La religion donne un sens au fait même de vivre et de mourir. C’est très fort, et donc un élément d’ancrage important pour quelqu’un qui se serait perdu. Mais simplement toutes nos valeurs peuvent/devraient donner un sens à nos actions du quotidien… Et plus nous arrivons à donner un sens à ce que nous sommes obligés de faire (le travail par exemple), plus nous le faisons avec entrain (construire un mur ou savoir que le mur qu’on construit va faire partie d’une cathédrale… ça change tout !).

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