La colère d’un vieux candide

Pour te dire au revoir, le mieux encore c’est de te laisser la parole :

« Si tu enlèves la gauche, si tu enlèves la droite, il reste la droite », a écrit – et il a raison – Philippe Val dans Charlie hebdo.
… Etre de gauche, pour moi, ce n’est pas se contenter d’une étiquette ; qu’on soit ministre ou citoyen, c’est quelque chose à prouver, toujours. Comme l’amour.
C’est aller au-delà de ses pulsions de peur, de possessivité, d’égoïsme…

… Je n’ai pas cette formidable neutralité de certains artistes. « Je ne suis pas un artiste engagé, je suis un artiste dégagé », disait drôlement Pierre Desproges. Pas moi.
Je ne peux pas, c’est métabolique. Pour autant, je ne crois pas avoir jamais été le bouffon du roi. Malgré mes préférences, je ne roule pour personne, je roule sur tout le monde !
La colère d’un vieux candide devant un monde qui n’est pas du tout celui qu’il avait rêvé ! »
TRA n° 2381-sept95.

VELO ELECTRIQUE !

Les déconvenues d’un déconfiné déconfit:


Bon d’accord, on a compris, désormais on va :

  • consommer local,
  • acheter une + petite voiture,
  • faire du vélo,
  • faire son pain,
  • ne + prendre l’avion,
  • intensifier les économies d’eau et d’énergie
  • aller vivre à la campagne…
    Oh là ! mon pote, d’accord mais moi :
  • je risque de perdre bientôt mon boulot,
  • j’ai encore moins de chance de sortir de ma banlieue et de mon logement insalubre,
  • j’ai une retraite de misère,
  • je suis étudiant et je n’ai plus rien à bouffer,
  • je n’ai aucun moyen pour changer ma vieille bagnole pourrie,
  • mes mômes ne veulent plus aller à l’école…
    Alors toi, ton vélo électrique, tu sais où tu peux te le carrer ???

(Schtroumpf d’après PEYO)

Quel brio !

Vous avez vu à la télé, « Le Brio », le film d’Yvan Attal ?
Après avoir été fan de : « A voix haute! », le formidable documentaire de Stephane de Freitas sur les concours d’éloquence dans les Grandes Ecoles, je craignais le pire lorsque la fiction s’emparerait du sujet.
Et bien là, j’ai été bluffé et vraiment touché par cette jeune fille issue de l’immigration et ce prof raciste et insupportable que tout oppose et qui finissent par créer une si belle amitié !
Un peu idéalisé, idyllique, utopique, d’accord ! Mais ça fait tellement de bien, pour une fois, de voir la banlieue sous cet éclairage d’espoir.

Et surtout de voir les mots, les phrases, les discours, l’éloquence, prendre la place des coups et de la violence !

Son âme d’enfant ?

J’ai toujours pensé qu’il fallait une belle dose de vigilance pour rester gamin!
Non pas que j’accorde à l’enfant toutes les vertus, loin de là. Les mômes sont souvent cruels entre eux, insolents avec les adultes, menteurs et chapardeurs! D’accord!
Mais leurs grandes qualités, lorsque les adultes ne les ont pas pervertis, c’est d’attendre des autres attention et affection et de jouer à l’avenir.
L’important en éducation n’est-il pas d’abord de laisser les enfants à leur place, de ne pas, ni leur faire partager les préoccupations des adultes,
ni leur faire croire que tout est possible ?
Et, en particulier, ne pas se présenter comme le modèle à imiter, voire à dépasser.
Pour moi, c’est cet équilibre qui est dur à trouver !
Alors, garder « une âme d’enfant », c’est continuer à penser qu’un avenir est possible sans se prendre au sérieux !
En un mot c’est l’humour!

Poème digital

Je suis tombé sur un joli poème qui me semble si représentatif de notre époque :

J’écris pour te toucher,
Paroles digitales.

J’accomplis chaque jour
Un pas vers le sommet.

Une neige m’attend
Qui doute chaque soir

Lorsque descend la nuit.
J’escalade l’Everest

D’intrépides pensées.
En chemin, le vent tourne

Et mon ardeur aussi.
Tes mots sont des leviers.

Ils osent avec moi
Lorsque je cherche à dire

Ce qui nourrit notre âme
Marchant à contre-gué.

Et c’est la même quête
De la même beauté…

Béatrice Libert (TRAVERSEES n°61)