La fée »révolution »

Comment parler à des gens qui ne veulent pas vous entendre ?
Comment convaincre des gens qui ne vous font pas confiance ?
Comment raisonner des gens qui sont en colère ?

N’y a-t-il pas déjà quelque chose de déraisonnable à tout attendre d’une parole présidentielle ?
Nous nous vantons de vivre dans un pays démocratique où la volonté du peuple, relayée par des élus, fait la loi et confie au pouvoir éxécutif le soin de l’ appliquer !
Et là, comme ça, on attend d’un homme tout seul, qu’il nous sauve d’une situation de crise grave, infiniment complexe, en prononçant des paroles fortes et suaves, vigoureuses et douces, autoritaires et compréhensives. Tout et son contraire !
Cette parole, avant d’être prononcée, est déjà morte !
Voilà bien tout le paradoxe de cette situation de « gilets jaunes », des revendications sans cohérence,
un mouvement sans leader, des violences incontrôlables.
On sait que dans l’ombre, les fachos en herbe, veillent. Les ultras-gauches et les ultras-droites, de France et d’Italie étaient là. On sait que Steve Bannon était à Bruxelles cette semaine. Il doit se frotter les mains.
Il y a deux ans tout juste, Monsieur Macron s’appropriait le mot « Révolution », pour défendre une société libérale et entreprenante mais juste et bienveillante (sic).
M’est avis que les braves gens l’ont pris au mot en lui montrant qu’ils prenaient leur destin en mains !

Ah ça ira, ça ira, ça ira …

Depuis 3 mois, mon blog était indisponible. Vous m’avez bien manqué !
Bon je reviens avec, non pas un gilet jaune mais avec des idées un peu embrouillées concernant ce mouvement.
Depuis le début j’ai toujours pensé que celui-ci avait l’allure d’une insurrection plus que d’une manif telle qu’on les connaît.
La diversité et l’irrationalité des mots d’ordre (« Macron démission »), les méthodes, violentes la plupart du temps, l’absence de leaders responsables, me sont apparues significatives d’un état de notre société prétendument démocratique. Oui, prétendument, car si on a l’immense chance de bénéficier de la liberté d’opinion, on a des dirigeants qui sont menés par la technocratie libérale et qui n’ont aucun sens de la réalité de la vie des gens!
M. Macron a été élu par défaut et parce qu’il a surfé sur la vague du renouvellement de la classe politique, ce qui, c’était prévisible, s’est retourné contre lui!
En faisant plaisir à ses amis les représentants des grandes fortunes (qui l’avaient soutenu pdt la campagne) il a cru que la « start-up nation » allait suivre comme un seul homme le « premier de cordée ».
Comme l’avait fait Sarko en son temps et lui-même quand il était ministre de François Hollande, il a malmené, bousculé, décrédibilisé les corps intermédiaires que sont les syndicats. En s’appuyant sur le CFDT, il a cru qu’une autoroute de réformes s’ouvrait devant lui.
C’est vrai que l’urgence est dans la lutte contre la pollution par le carbone,
c’est vrai que la dette ne cesse de grimper,
c’est vrai que notre protection sociale doit être financée,
c’est vrai que les contraintes européennes ne nous laissent que peu de marges de manoeuvres…
Oui, mais le mouvement des gilets jaunes nous montre que ces arguments ne sont plus entendus par les gens ! Ils s’en foutent de tout ça! Ils en ont marre ! Point!