Maintenant que fait-on ?

Ainsi dire « Et maintenant qu’est-ce qu’on fait ? c’est se demander s’il reste à l’individu un quelconque pouvoir dans ses initiatives personnelles ou dans ses engagements collectifs.
C’est se poser la question de l’impact sur nos vies quotidiennes de ces géants du Net dont nous sommes absolument dépendants. Impossible de se passer d’eux, la rationalité est de leur côté.
Ils représentent une force financière et politique telle qu’ils peuvent modifier les règles du système à leur avantage; surtout ils sont une puissance psychique considérable qui oriente nos choix de vie, nos façons de penser et notre rapport au futur.
Les libéraux continuent naïvement à promouvoir la libre concurrence comme une vertu cardinale. Avec les GAFA, on est maintenant dans le système du « winner takes all » (le gagnant rafle la mise).

Les paresseux et les cyniques

Et voilà que revient à la mode l’idée que les pauvres ne s’en sortiront pas avec les aides sociales et qu’il faut repenser l’Etat-Providence. Bon, c’est pas nouveau d’essayer de convaincre les petits gens qu’ils sont responsables de leur malheur. Habituellement c’est la droite pure et dure qui tient ce discours (cf le « cancer » de M Wauquier!). Là c’est un ancien ministre socialiste qui relance le truc: ça coûte « un pognon fou » et ça sert à rien! Le préventif plutôt que le curatif, façon de valider la théorie du « ruissellement » (voir plus haut).
Pour moi, rien ne se fera sans un accompagnement intelligent et professionnel des personnes en difficulté d’insertion.
Une récente enquête montre bien que la plupart des gens qui « ne cherchent plus de boulot » ne sont pas pour autant d’horribles fainéants mais des personnes non formées, malades, déprimées, sans permis de conduire ni solution de garde des enfants! 1% seulement disent ne pas chercher de boulot car ils préfèrent toucher les aides sociales!
Non les cyniques ne sont pas à chercher dans les rangs des pauvres mais chez ceux qui laissent croire que c’est en favorisant les riches qu’on aidera les pauvres!
(illustration en hommage à Danart)

Mai 68, un « excès de vie » !

Oui, il y a 50 ans, surgissait brutalement une révolte étudiante incompréhensible pour les bourgeois gaullistes. Ca n’était pourtant que l’expression prévisible d’une crise de l’université, d’une remise en cause des institutions politiques et religieuses, des méthodes patronales, …
Effondrement de l’autorité, dévergondage, désordre anarchiste, utopie destructrice… que n’a pas dit la droite de l’époque pour fustiger ce formidable mouvement de jeunes vers plus de liberté ? Rappelons-nous, il n’y a pas si longtemps, Sarkozy désirant « liquider l’héritage de mai 68 »!
Pour moi, 68 est indissociablement lié à 3 grands ouvrages parus ces années-là:
« Asiles » d’ Erving Goffman, « Le cas Dominique » de Françoise Dolto et « Libres enfants de Summerhill » d’Alexandre Neill.
Les instances ouvrières ont fini par rejoindre, bon gré mal gré, le mouvement. Ils ont aussi contribué à la fagociter et à l’enterrer.
Néanmoins, l’impulsion était donnée vers une remise en question des frontières entre le normal et le pathologique, pour un plus grand respect des différences et vers plus d’égalité.
Que reste-t-il aujourd’hui de cet « excès de vie » manifesté par les jeunes de 68 ?
C’est là la grande question ?

(illustration inspirée par une case du livre d’Etienne Davodeau « un homme est mort » magnifique hommage à René Vauthier.)

Sois libre et tais-toi

Election d’un nouveau Secrétaire général à la CGT-Force Ouvrière, Pascal Pavageau.
Il a l’air très bien cet homme. Pour preuve, un extrait de son discours :
 » le gouvernement a un allié de poids, mes camarades : le Medef en personne […]. Les représentants actuels du Medef ont fait un choix, celui d’effacer l’histoire sociale, en acceptant que les travailleurs n’aient plus voix au chapitre, et en se cantonnant à faire un lobbying puissant auprès du gouvernement, ce qui est d’autant plus facile que le gouvernement actuel est complètement en phase avec leurs rêves les plus fous … Comment est-ce possible d’avoir atteint le stade où dans notre pays être militant associatif est honorable et être militant syndical est has-been ? Oui, défendre les baleines c’est beau, mais défendre les femmes et les hommes ça l’est au moins tout autant ».
Revoir « La sociale », le doc de Gilles Perret.
Et puis le nouveau leader syndical reprend une idée qui m’est chère depuis des années sur ce blog : la logique d’individualisation à l’oeuvre actuellement. « Sous prétexte d’être plus libre, plus autonome, plus responsabilisé, on se retrouve peu à peu livré à soi-même.
Moins de puissance publique, moins de garanties et de droits collectifs, moins de protections ».

Le tout électrique

A l’heure où l’on nous vante la voiture électrique comme le moyen infaillible de nous sortir de la pollution généralisée qui nous menace, je me demande où l’on va trouver toute cette électricité !!! ???
Le chantier de l’ E.P.R de Flamanville vient encore d’être arrêté pour une une nouvelle malfaçon constatée. Bon, tout pendant que ce sont les prix qui explosent ! Mais jusqu’à quand ?
D’autre part, les batteries nécessitent de grosses quantités de métaux rares, détenus à 90% par la Chine ! Bonjour la trop fameuse « indépendance énergétique ».
Pour moi, les centrales nucléaires sont et resteront la plus mauvaise solution quant à la transition écologique. Si nous souhaitons continuer dans le tout électrique, il faudra des milliers d’éoliennes en mer et sur terre, des millions de panneaux solaires dans les campagnes et sur les maisons, etc, etc …
Oui mais voilà, les bons bourgeois propriétaires des belles villas à la Baule ne veulent pas d’éoliennes dans leur champ de vision !