Gilets jaunes, gilets verts, gilets rouges et gilets de flanelle!

Aucun acquis social n’a jamais été obtenu en demandant poliment l’aumône aux possédants.
Aucun progrès n’a jamais vu le jour en s’excusant de gêner les dominants dans leurs petites affaires.
Tout cela est attesté par l’histoire.
Néanmoins, il y a lieu de dépasser ce rappel historique car la contestation sociale est devenue plus que jamais un champ de luttes où les intérêts de nombreux groupes sociaux s’affrontent.
Les petites entreprises contre les grosses boîtes,
Les agriculteurs contre les écolos,
Les consommateurs contre les défenseurs du « made in France »,
Les inclus contre les exclus,
Les gaulois contre les immigrés,
les riches contre les pauvres,
les urbains contre les ruraux,
les salariés contre les indépendants,
Les chrétiens contre les musulmans…etc…

et puis toutes les incohérences :
moins de taxes mais plus de protection sociale,
moins d’impôt mais plus de Services publics,
moins de contrôle mais plus de sécurité,
davantage de bagnoles mais moins de pollution
plus de garanties sociales pour les salariés mais moins de syndicats,
rejet de l’autorité et besoin de chefs,
moins d’Etat mais plus de réglementation !!!

C’est à l’Etat de jouer le rôle d’arbitrage entre toutes ces rivalités, ces luttes d’intérêts, ces conflits qui révèlent à un moment donné l’impossibilité de vivre ensemble avec nos différences.
Encore faut-il que les représentants de cet Etat soient crédibles!
Sinon, le « peuple » considère que seule la violence permet d’être entendu !!!

Est-ce vraiment la fête ???

Charivari, chahut, carnaval, mi-carême, fête des fous, révolte des gueux…
Les termes sont nombreux pour désigner les fêtes populaires pendant lesquelles on fait du bruit, du tapage, pour exprimer son trop-plein de vitalité, de ras-le-bol devant les injustices, les inégalités criantes et montrer aux dominants que le peuple existe et qu’il est capable de se faire voir et de créer du désordre !

Et puis, ensuite, le pouvoir reprend la main et tout rentre dans l’ordre.
Et ce sont les pauvres qui paient les pots cassés !!!

La fée »révolution »

Comment parler à des gens qui ne veulent pas vous entendre ?
Comment convaincre des gens qui ne vous font pas confiance ?
Comment raisonner des gens qui sont en colère ?

N’y a-t-il pas déjà quelque chose de déraisonnable à tout attendre d’une parole présidentielle ?
Nous nous vantons de vivre dans un pays démocratique où la volonté du peuple, relayée par des élus, fait la loi et confie au pouvoir éxécutif le soin de l’ appliquer !
Et là, comme ça, on attend d’un homme tout seul, qu’il nous sauve d’une situation de crise grave, infiniment complexe, en prononçant des paroles fortes et suaves, vigoureuses et douces, autoritaires et compréhensives. Tout et son contraire !
Cette parole, avant d’être prononcée, est déjà morte !
Voilà bien tout le paradoxe de cette situation de « gilets jaunes », des revendications sans cohérence,
un mouvement sans leader, des violences incontrôlables.
On sait que dans l’ombre, les fachos en herbe, veillent. Les ultras-gauches et les ultras-droites, de France et d’Italie étaient là. On sait que Steve Bannon était à Bruxelles cette semaine. Il doit se frotter les mains.
Il y a deux ans tout juste, Monsieur Macron s’appropriait le mot « Révolution », pour défendre une société libérale et entreprenante mais juste et bienveillante (sic).
M’est avis que les braves gens l’ont pris au mot en lui montrant qu’ils prenaient leur destin en mains !

Ah ça ira, ça ira, ça ira …

Depuis 3 mois, mon blog était indisponible. Vous m’avez bien manqué !
Bon je reviens avec, non pas un gilet jaune mais avec des idées un peu embrouillées concernant ce mouvement.
Depuis le début j’ai toujours pensé que celui-ci avait l’allure d’une insurrection plus que d’une manif telle qu’on les connaît.
La diversité et l’irrationalité des mots d’ordre (« Macron démission »), les méthodes, violentes la plupart du temps, l’absence de leaders responsables, me sont apparues significatives d’un état de notre société prétendument démocratique. Oui, prétendument, car si on a l’immense chance de bénéficier de la liberté d’opinion, on a des dirigeants qui sont menés par la technocratie libérale et qui n’ont aucun sens de la réalité de la vie des gens!
M. Macron a été élu par défaut et parce qu’il a surfé sur la vague du renouvellement de la classe politique, ce qui, c’était prévisible, s’est retourné contre lui!
En faisant plaisir à ses amis les représentants des grandes fortunes (qui l’avaient soutenu pdt la campagne) il a cru que la « start-up nation » allait suivre comme un seul homme le « premier de cordée ».
Comme l’avait fait Sarko en son temps et lui-même quand il était ministre de François Hollande, il a malmené, bousculé, décrédibilisé les corps intermédiaires que sont les syndicats. En s’appuyant sur le CFDT, il a cru qu’une autoroute de réformes s’ouvrait devant lui.
C’est vrai que l’urgence est dans la lutte contre la pollution par le carbone,
c’est vrai que la dette ne cesse de grimper,
c’est vrai que notre protection sociale doit être financée,
c’est vrai que les contraintes européennes ne nous laissent que peu de marges de manoeuvres…
Oui, mais le mouvement des gilets jaunes nous montre que ces arguments ne sont plus entendus par les gens ! Ils s’en foutent de tout ça! Ils en ont marre ! Point!

Samouni road

A propos des Palestiniens (cf dernière note) J’ai été bouleversé par le nouveau doc de Stefano Savona : »Samouni road ».
« Dans la périphérie rurale de la ville de Gaza, la famille Samouni s’apprête à célébrer un mariage. C’est la première fête depuis la dernière guerre. Amal, Fouad, leurs frères et leurs cousins ont perdu leurs parents, leurs maisons et leurs oliviers. Le quartier où ils habitent est en reconstruction. Ils replantent des arbres et labourent les champs, mais une tâche plus difficile encore incombe à ces jeunes survivants : reconstruire leur propre mémoire. Au fil de leurs souvenirs, Samouni Road dresse un portrait de cette famille avant, pendant et après l’événement qui a changé leur vie à jamais. »